Root Letter (2016)

Root Letter (2016)

Résumé

L'histoire se déroule dans la préfecture de Shimane, une région naturellement belle bénéficiant d'une grande richesse historique et culturelle. Root Letter est consacré au mystère de Fumino Aya, votre correspondante du lycée, disparue il y a 15 ans.

 

BANDE ANNONCE

 

AVIS D'INTERNAUTES

Visual novel "interactif" à la Ace Attorney ou DanganRonpa, par opposition aux VN "passifs" comme Steins;Gate ou Umineko, Root Letter est le premier titre d'une trilogie de jeux d'enquêtes signés Kadokawa Games. Le jeu a assez d'ambition pour miser sur une sortie à prix réduit en Europe, où le visual novel demeure une niche en essor lent mais constant. Faut-il pour autant en remercier l'éditeur ?... Voici la question qui nous intéresse ici.nnL'histoire est celle d'un tokyoïte sans histoire surnommé Max. Durant son lycée, en 1999, il a échangé dix lettres avec Aya Fumino, dans la région de Shimane. 15 ans plus tard, il découvre une onzième lettre dans laquelle Aya s'accuse d'un meurtre. Afin d'obtenir des explications, Max se rend à Shimane pour retrouver Aya.nnMais la première chose qu'il apprendra est que la seule Aya Fumino qu'on ait connue dans la région... est morte il y a 25 ans. Alors commence pour Max une toute autre quête de vérité de qui viennent donc ces lettres ? Pour l'apprendre, il lui faudra retrouver les anciens amis d'Aya, désignés dans ses lettres par leurs sobriquets...nnA mi-chemin entre un thriller et un Ace Attorney, Root Letter compte parmi ses qualités majeures d'être un jeu particulièrement réaliste et sérieux. Cela se voit dès la réalisation technique, élégante mais un peu froide et, comme souvent avec les VN, plutôt fauchée. La bande-son et ses dix pistes maximum finit par tourner en boucle au point qu'on n'en retient pas forcément du bien.nnL'intrigue se traduit en une suite de lieux et d'actions gravées dans le marbre. Max amassera nombre d'indices ou de témoignages avant de se confronter au camarade du jour, généralement aussi coriace qu'un enfant de sept ans qui nie en bloc avec un bonbon volé dans la bouche (seule la dernière confrontation est bien retorse). Néanmoins, cela nous évite les situations irritantes du suscité Ace Attorney et son concurrent DanganRonpa, comme les trois preuves possibles sur sept phrases ou les témoignages étanches.nPour porter un grand coup à votre interlocuteur, l'avatar passe en "Max Mode". Cette mécanique, manifestement rajoutée en fin de course pour imiter DanganRonpa, n'apporte strictement rien au jeu ni à la narration. Elle aurait même tendance à casser le peu de tension accumulée au préalable puisqu'elle n'a aucune dimension punitive et très peu de logique ; le comble, c'est qu'elle montre toutes ses limites dans la dernière affaire.nnEt à ce défaut s'en ajoute un autre que vous avez déjà détecté par son concept même, Root Letter est répétitif. Il fait moins de dix heures et moins de dix chapitres, mais il arrive quand même à tourner en rond ! Chaque jour, un camarade désigné par la lettre du jour, sera spotted dans les premières minutes, mais il faudra attendre le soir pour lui faire cracher le morceau. Pour contourner ce problème, le plot s'acharne à jeter à la louche des éléments toujours plus gros ou grotesques à l'affaire Aya pour que le joueur tente de dénouer le vrai du faux avant la conclusion. Mais même cet exercice-là s'avère plutôt facile...nnEn fait, à tous les niveaux, Root Letter est clairement trop facile. Trop facile dans son enchaînement d'épiphanies et de "comme par hasard", trop facile dans son refus catégorique de l'inutile (tout objet acquis ou acheté servira tôt ou tard), trop facile dans l'intelligence très variable de Max qui fait facilement sauter les mensonges des gens alors qu'il les croyait coincés 15 ans en arrière le matin même... Phoenix Wright était un personnage particulièrement mou et facile à dominer, mais son intelligence n'était jamais mise en cause ni aléatoire. Max est presque un Gary-Sue à qui tout réussit et qui se prête très volontiers à tout ce que le contexte peut attendre de lui.nnPourtant, en dépit de tous ces défauts que j'aligne, Root Letter n'est jamais profondément mauvais. Il pêche par facilité sans jamais prendre son public pour un demeuré, ses interactions ont du sens, l'histoire assume ses plotholes sans que ça casse sa cohérence, son cast n'est pas détestable (à une exception près, l'inévitable "comic relief" stupide et grotesque présent dans tous les VN) et il est beaucoup moins bavard que la moyenne des jeux japonais. De quoi me rendre curieux des deux jeux d'enquête à venir de Kadokawa, en leur souhaitant qu'ils s'améliorent, mais pas assez fan pour courir après.