Snake (1998)

Snake (1998)

Résumé

Le fameux Snake des téléphones Nokia 3310, 3410, 3510... Reprenant le concept du jeu d'arcade Blockade (1976), le joueur contrôle une longue et fine ligne semblable à un serpent, qui doit slalomer entre les bords de l'écran et les obstacles qui parsèment le niveau. Pour gagner chacun des niveaux, le joueur doit faire manger à son serpent un certain nombre de pastilles similaire à de la nourriture, allongeant à chaque fois la taille du serpent. Alors que le serpent avance inexorablement, le joueur ne peut que lui indiquer une direction à suivre (en haut, en bas, à gauche, à droite) afin d'éviter que la tête du serpent ne touche les murs ou son propre corps, auquel cas il risque de mourir.

 

BANDE ANNONCE

 

AVIS D'INTERNAUTES

Il est de ces jeux comme des allégories de la vie. nIls présentent la nécessité impérieuse de manger, toujours manger, pour grandir, toujours grandir. Retour sur l'enfance où on l'on nous berçait de l'importance de bien manger pour bien grandir. Ajoutons à cela la métaphore phallique que l'augmentation de notre appendice à chaque coup réussi. nnEt puis, l'on se rend vite compte que le rectiligne ne pourra durer. Qu'il faudra zigzaguer, de droite, de gauche, de haut, de bas, pour ne pas s'autodétruire. Zigzaguer pour ingurgiter de quoi se sustenter. Zigzaguer pour éviter les pièges et monstres que la vie pose sur notre chemin. nDès ce premier concept fondateur posé, on décèle aisément le double sens que le concepteur du jeu utilise pour tenter de faire passer son message. Car évidemment, le but premier est de manger pour croitre, toujours plus, jusqu'a se retrouver coincé, étriqué, dans un espace bien trop petit pour nous. Même en tentant d'éviter la nourriture, pour ne surtout pas croitre, tentative vaine de régresser ou de refuser de grandir, viendra un moment où la nourriture nous tombera dans la bouche, nous forçant à la croissance. Bien évidemment, ce concept nous rappelle à notre propre frénésie de croissance mondiale, à notre monde où la croissance infinie bien illusoire est le seul moyen de subsister, tout en étant celle qui nous mène imperceptiblement mais sans aucune porte de sortie vers notre propre fin. nnLe plateau de jeu lui même n'est il pas, d'ailleurs, une allégorie de notre espace de vie ? Avec deux modes principaux bien connus la pièce aux quatre murs fermés sans porte ni fenêtre sur le monde, où notre vaillant héros ne pourra que tourner en rond, huit-clos solitaire, avec pour seule rencontre son propre corps lors de ses virages à 180° (là encore, tellement dangereux et unique voie salvatrice parfois, tout un programme !). Ou encore l'Open World, où monter vous fait redescendre, et aller à droite vous fait vous retrouver à gauche, tel une sphérique terre miniature où fatalement, continuer toujours plus loin ne vous fera toujours que revenir à votre point de départ. nnNô Khya, divinité asiatique ou celtique, ton message ne pourrait être plus clair. Oui, nous courrons à notre propre ruine en tentant toujours d'être les plus gros, les plus imposants. Oui, inéluctablement, nous finirons toujours par nous bouffer nous même, pauvre fous que nous sommes, dans la quête insensée de manger pour survivre. Et quel prouesse de parvenir, à l'aide d'un gameplay si simple, à faire passer ton message humaniste, quelque peu fataliste, mais au combien salvateur. Bravo.