Viking: Battle for Asgard (2008)

Viking: Battle for Asgard (2008)

Résumé

Viking : Battle for Asgard est un jeu d'action développé par Hardlight Studios.

 

BANDE ANNONCE

 

AVIS D'INTERNAUTES

Normalement spécialisés dans le jeu de stratégie et auteur de la série « Total War », les studios Creative Assembly nous proposent, avec « Battle for Asgard », un beat’em all sur fond de légendes scandinaves et de mythologie nordique. Si vous vous attendez à un hack’n slash de plus, et que vous pensez comme beaucoup avoir fait le tour de ce type de jeux, sachez que BfA peut vous surpendre en bien, tant certaines phases de jeu peuvent se révéler aussi inattendues que sympathiques. Bienvenue dans le test d’un jeu qui pour beaucoup malheureusement se montrera dispensable. Vous incarnez Skarin, un guerrier chargé de défendre la terre d’Asgard. Dans la cinématique d’introduction, vous verrez ce dernier perdre la vie, pourfendu au combat, puis, ressucité par la déesse de la lumière Freya, qui voit en lui le seul viking capable de libérer le « pays d’Odin » de l’occupation de la Légion. Cette armée de vikings démoniaques est guidée par la machiavélique Hell, méchante bonne femme avide de chaos, et désireuse de déclencher le Ragnarok (l’hiver éternel dans la mythologie scandinave). Si le scénario ne casse pas des briques, il joui cependant d’une mise en scène sympathique, à l’aide d’un mélange de cinématiques bien doublées, et de récits racontés sous forme de bande-dessinée. Les développeurs ont choisi de donner au jeu un ton très adulte et plutôt sanglant. Vous manierez donc Skarin, au physique fort imposant, à travers trois îles, toutes d’une taille modeste, dans lesquelles vous pourrez vous téléporter instantanément aux endroits stratégiques. Toutefois, si ce système de téléportation est plutôt bien fichu, il se fera via des menhirs magiques que vous ne pourrez utiliser qu’une fois ces derniers découverts. Cela siginifie que vous devrez arpenter les fameuses îles en long et en large afin de les trouver. C’est ici que le jeu se démarque de toutes les autres productions connues du même genre. En effet, loin de posséder le rythme extrêmement soutenu d’un « God of War » ou d’un « Dante’s Inferno » (sorti la même année), Viking Battle for Asgard nuance ses phases d’affontements nerveuses, et par ailleurs très plaisantes, avec une partie exploration. C’est ici que ça coince, et que le jeu peut rebuter rapidement, quand on constate que nos randonnées pourront parfois prendre une tournure rébarbative, et ce en raison d’une jouabilité qui aurait mérité d’être étoffée. En effet, vos longues randonnées se résument finalement, à quelques détails près, à ça découvrir un clan allié à libérer pour gonfler les rangs de votre armée, et trouver de l’or. Point. Si en mode difficile, partir en quête des différents trésors peut se justifier par la nécessité d’améliorer les compétences de Skarin pour mieux faire face aux troupes ennemies, on aura vite fait en mode facile de se dispenser d’explorer les environs. Une musique quasiment absente, un système de naviguation discutable, pas de touche « sprint » (« Ah mince, je suis parti du mauvais côté de la montagne, et je me retrouve coincé, j’ai plus qu’à tout refaire dans l’autre sens à l’allure d’un pingouin unijambiste… »), très peu d’interactions avec les PNJ, sont autant d’obstacles à rendre l’aspect pédestre du jeu monotone. Heureusement que le tout est soulagé par des phases de plateformes assez funs et qu’un point de naviguation a été ajouté à votre boussole pour vous éviter de trop galérer à travers les collines. Creative Assembly a également mis le paquet sur la qualité graphique et la beauté des panoramas, permettant ainsi de faire passer la pilule aux amoureux du Gand Nord et de ses légendes. Pour ma part, je me suis amusé à imaginer ce qui s’est passé dans la tête des développeurs. A mon avis, il n’y a que deux possibilités. Dans le premier cas, les gars du studio ont scandé un « Oh mais laissez comme ça ça ira les gars… De toute façon les joueurs aiment se galérer à marcher sur des dizaines de km. ». Dans le second cas, il s’agit d’une décision assumée et prise en toute connaissance de cause. J’ai longtemps penché pour la première version, mais ayant découvert entre-temps l’immense chef d’oeuvre de Creative Assembly, Alien Isolation, la seconde me paraît tout aussi réaliste ! Nous savons aujourd’hui que nous sommes face à des développeurs qui n’ont pas peur de proposer des jeux surprenants possédant leur propre mécanique, incitant le joueur à prendre son temps. C’est d’ailleurs en cela que le jeu parvient à redresser la barre, d’une façon assez surprenante. Et oui, loin de n’être qu’un beat’em all qui consiste à foncer dans le tas, vous devrez bien souvent au contraire vous planquer dans un coin sombre, et oberserver les déplacements de vos ennemis, afin d’avoir l’avantage sur eux. En effet, attaquer une garnison de front est fortement déconseillé si vous ne voulez pas finir en morceaux… Qu’il s’agisse donc de libérer un clan viking dans une forêt, ou encore d’infiltrer une forteresse truffée de soldats de la Légion, vous devrez faire preuve d’une bonne lecture de la situation et de réactivité afin de contourner les troupes maudites. Toutefois, rassurez-vous, les combats seront nombreux, et c’est à grands coups de hâche et d’épée que vous découperez vos ennemis en morceaux. Battle for Asgard ne fait pas dans la dentelle, et vous aurez l’occasion de déchaîner votre fureur, via des affrontements violents et nerveux, ornés de finish moves particulièrement jouissifs à exécuter tout comme à contempler. Le jeu est donc parfaitement équilibré entre infiltration et combat. Cerise sur le gâteau, une fois rassemblée une armée suffisamment importante, vos amis Normands et Skarin règleront leurs petits différents avec la Légion dans des gigantesques batailles étonamment bien gérées par le moteur graphique (quelques légers mais rares ralentissements relevés sur xbox 360 mais rien de méchant). S’il est malheureusement impossible de donner des ordres à vos soldats, ces derniers font preuve d’une très grande efficacité durant les combats, et possèdent la capacité d’ « absorber » les pouvoirs magiques que vous déclencherez (feu, glace ou foudre), pour en faire joyeusement profiter les malheureux qui se trouveront en face… Skarin invoque le feu ? Tout le monde à une épée qui brûle. Vous invoquez la glace ? Tous vos rouquins collègues peuvent geler l’ennemi. Il est réjouissant de constater que les compositions musicales de l’Orchestre Philharmonique de Prague, beaucoup trop absentes, s’élevent enfin à nos oreilles, et participent grandement à donner un aspect épique à ces affrontements dantesques. Si vous venez à mourir au cours de pareille bataille, vous serez réssuscité par votre chaman, qui en fera d’ailleurs de même pour vos amis. Ce dernier point pourra être reproché au jeu par les puristes, les développeurs ayant clairement opté pour un « casual gaming ». Néanmoins, en mode difficile, sachez que tuer les chamans ennemis (indispensable pour remporter la victoire) pourra vous donner du fil à retordre. Pour mener à bien cette dernière tâche, vous aurez le choix entre deux possibilités percer les lignes adverses pour remonter jusqu’au sorcier, ou solliciter l’aide… d’un dragon ! Véritables coups de théâtre, les brûlantes interventions de vos compagnons ailés, bien que rares, sont fort amusantes à regarder. Il est regrettable que ces interventions de vos amis aux longues dents soient si courtes… On aurait également apprécié un peu plus d’inventivité et de fantaisie de la part des développeurs dans l’évolution des armes et des pouvoirs de Skarin. Il est en effet décevant de constater que la Foudre, la Glace et le Feu sont des éléments qui une fois acquis, n’offrent rien de plus que la possibilité de rendre votre glaive gelant, brûlant ou électrocutant… Finalement, ces derniers défauts sont à l’image de du jeu dans sa globalité une réalisation correcte, mais trop « survolée ».BILAN En définitive, Viking Battle for Asgard, est un bon jeu, mais un poil trop fade pour se hisser au rang de titre incontournable. Trop souvent, les qualités du soft sont enrayées par des petites choses qui jouent en sa défaveur. Les décors sont certes magnifiques, mais explorer les îles est finalement parfois redondant, tant les phases de jeu se déroulant en dehors des combats souffrent d’un manque de fun. On regrette le manque d’interaction avec l’environnement, qu’il aurait pourtant été judicieux d’optimiser étant donné un aspect pédestre particulièrement marqué. Enfin, il faut également admettre que d’une île à l’autre, les missions se suivent et se ressemblent sans véritable changement. Il y a en le soft de Creative Assembly un manque de passion qui l’empêchera probablement de rester dans les mémoires, à part pour les joueurs en manque de mythologie viking, thème trop rarement abordé dans le monde du 10ème art. Battle for Asgard sauve son cas en présentant en contre-partie un savant équilibre entre des séquences d’infiltration fort réussies, et des combats nerveux servis par une prise en main aisée et une caméra bien réglée. Des petits plus viennent également ajouter un peu de piment à l’aventure. Des « finish moves », à la fois violents et spectaculaires, des monstrueux affrontements entre votre armée et la légion particulièrement bien gérés par le moteur graphique, et l’intervention de dragons au sein des combats, sont autant d’éléments qui donnent du caractère à un jeu qui paradoxalement en manque un peu par moment. Pour ma part, je dois admettre que j’ai été totalement séduits, et les nombreux défauts du softs ne me dérangent pas, tant ses qualités ont réussi à me réjouir, ( et ce de nombreuses heures durant…). Viking Battle for Asgard est même un de ces jeux que je ressort régulièrement pour refaire la campagne. Toutefois, je tiens à rester objectif, je ne suis pas sûr que la magie opérera autant sur vous. Mais si vous cherchez un jeu qui se démarque des autres beat’em all/hack’n slash, et que malgré les points négatifs soulevés l’aventure vous tente toujours, alors n’hésitez plus !